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La programmation neurolinguistique (PNL)

PNL

La programmation neurolinguistique (PNL) se base sur un principe simple : nous possédons tous le même cerveau, le même système nerveux. Donc, ce qu’une personne parvient à réaliser, une autre en est potentiellement capable.

Depuis qu’elle a découvert la PNL dans le cadre d’une formation de coaching, Samira Diouri, directeur de la clinique du Maghreb reconnaît avoir changé sa façon de voir.

D’abord, par rapport à ses enfants, « Cela m’a énormément apporté par rapport à mes enfants. J’ai appris à mieux les écouter et je perçois mieux le non-dit. Auparavant, j’avais des idées fixes sur pas mal de choses. Aujourd’hui, je ne suis plus dans mon prisme à moi », reconnaît-elle. Côté professionnel, elle a appris à garder de la distance par rapport à la dure réalité de son métier. « J’étais comme une éponge, j’absorbais tout et, en fin de journée, je me sentais épuisée », témoigne-t-elle.

Pour la directrice de la clinique du Maghreb, il n’y a aucun doute, la PNL nous change la vie. En effet, la PNL propose tout un ensemble de techniques permettant de clarifier ses objectifs, de mettre à jour ses vrais buts, de repérer les croyances qui nous stimulent et celles qui nous freinent. « La PNL est un comportement qu’on expérimente par notre pensée et notre corps. Un outils d’accompagnement et de développement de la personne afin de mieux se connaître », note Nadia Cathomen, coach et directeur associé de Maroc Devenir.

Mais pourquoi parle-t-on d’une programmation neurolinguistique et, surtout, pourquoi utiliser le terme programmation qui n’est pas sans rappeler un aspect « robotique » ? « Il n’y a pas de programmation dédiée par le coach ou le thérapeute. La PNL va créer un lien, l’affinité avec autrui par la posture, l’écoute et la mise en confiance. La programmation neurolinguistique, c’est l’art de poser de bonnes questions », explique Nadia Cathomen.

En fait, le mot « programmation » veut dire que, dans notre cerveau, se mettent en place des séquences qui nous permettent d’agir sans que nous ayons besoin de réfléchir. Par exemple, quand on conduit une voiture, on enchaîne les gestes de manière souvent automatique (et tant mieux...il serait beaucoup trop compliqué de penser à tout), nous sommes donc, si nous le souhaitons, en mesure de programmer d’autres façons de réagir.

La PNL s’intéresse à la créativité, à notre passé, à notre futur sous l’angle de ressources. Elle ne change pas notre passé, cependant, elle nous invite à le revisiter pour examiner si les conclusions que nous avons tirés à une période de notre passé étaient appropriées.
« C’est amener la personne à s’assumer par rapport à sa fragilité et à ses forces. Ce qui pousse à développer la confiance et à faire sa place parmi les autres dans le respect et la différence » poursuit Nadia Cathomen.

Mais attention, la PNL n’est pas une psychanalyse. Cette dernière s’intéresse d’abord aux causes et aux origines des comportements basés, selon la pensée freudienne, sur l’inconscient. « La PNL ne doit pas être un outil de domination de la personne, mais d’accompagnement du changement, c’est sa puissance », met en garde le directeur associé de Maroc Devenir. La finalité d’une thérapie psychanalytique, c’est le changement total.

La PNL pour sa part, respecte totalement l’identité acquise de l’individu. C’est un ensemble de techniques de communication et de transformation de soi qui s’intéresse à nos réactions plutôt qu’aux origines de nos comportements. Elle privilégie le comment par rapport au pourquoi, propose une grille d’observation pour améliorer la perception que nous avons de nous-même et des autres. Elle permet également de se fixer des objectifs et de les réaliser. C’est une boîte à outils, dont la clé réside dans le langage et l’utilisation que chacun de nous fait de ses cinq sens et de son corps. Son but, permettre de programmer et reproduire ses propres modèles de réussite, sans pour autant changer complètement.

Le modèle SCORE

La signification des lettres S-C-O-R-E

Le modèle SCORE est un outil permettant de clarifier un objectif, il explore la situation présente ou l’état présent (EP) à travers des symptômes (S), les causes du symptôme (C), l’objectif (O), les ressources (R) (de quoi ai-je besoin pour atteindre l’objectif ?) et les effets (E) produits.

(S) pour symptôme : la situation présente ou l’état présent (EP) sont caractérisés par un symptôme, c’est lui que la personne voudrait changer. Exemple, le trac qui précède la prise de parole en public.

(C) pour causes : quelle est la (ou les causes) du symptôme ? Exemple, la peur du trou de mémoire, de bafouiller, de ne pas être à la hauteur...

(O) pour objectif : qu’est-ce que je veux à la place ? C’est l’état désiré (ED). Exemple, l’objectif est de prendre la parole en public en étant confiant.

(R) pour ressources : ce dont j’ai besoin pour atteindre mon objectif.

(E) pour effet : lorsque l’objectif sera atteint, quel sera l’effet en termes de motivation, de valeurs... ?

(M) la position méta : la position méta est une position particulière, dite dissociée - je ne vis pas le symptôme, mon regard est extérieur,  je suis comme étranger à moi-même. De cette position, je peux observer les positions S C O R E, c’est une position de recul.

Une thérapie brève

La PNL fait partie de ces thérapies brèves dont la durée ne doit pas dépasser deux ans au maximum. Lors d’un entretien préalable, le patient est invité à déterminer ses motivations et à se fixer un objectif à atteindre au cours des séances. Pendant ce temps, le thérapeute observe son patient, afin de savoir quel système sensoriel il privilégie.

Chacun d’entre nous est en effet, soit visuel, soit auditif, soit kinesthésique - il perçoit l’environnement principalement par la vue, l’ouïe ou ses émotions - et crée ainsi son propre filtre, à travers lequel il interprète les événements.

Le thérapeute s’adapte alors au mode de communication de son patient, pour le guider dans l’exploration de ses comportements et lui permettre de les reproduire consciemment ou de les modifier si nécessaire. « Ce qui est important, c’est la prise de conscience de la personne examinée. Si elle n’atteint pas son objectif, elle peut cheminer vers lui », souligne Nadia Cathomen.

Mobiliser les ressources de notre inconscient

Les ressources de notre inconscient sont constituées d’expériences ou de connaissances oubliées, de dons encore inexploités qui ne demandent qu’à s’exprimer...

Le patient doit donc renouer avec la performance, c’est-à-dire avec sa créativité et sa capacité à s’adapter à une situation. Cela s’appelle la « modélisation ». Mieux connaître les moments où l’on se sent efficace et compétent permet alors de construire une « boîte à outils », dans laquelle on puisera à loisir au moment de faire face à une situation difficile. Il faut également savoir adapter son « savoir-être » à ses clients. La programmation neurolinguistique est particulièrement adaptée aux nouvelles exigences du management : mieux se connaître, comprendre rapidement un interlocuteur et les processus d’interaction mis en œuvre facilitent considérablement les tâches des managers pour négocier, animer une réunion, conduire un entretien d’évaluation, diriger une équipe, développer leurs capacités de changement, préparer les mutations nécessaires.

Par exemple, l’art de la vente et de la négociation consiste à rechercher ce qui est important pour l’autre (tout en gardant l’éthique présente à l’esprit) : une vente est une bonne vente lorsqu’elle remplit des critères importants pour l’acheteur.

La PNL permet justement de faire le point sur ces critères. Ainsi, il est inutile de vanter les performances techniques d’une voiture à quelqu’un qui veut d’abord une belle voiture. La négociation devra aussi tenir compte des critères en jeu et trouver à ce niveau des solutions communes. De façon générale, la programmation neurolinguistique part du principe que nos croyances influencent nos comportements qui déclenchent les réactions de nos interlocuteurs. Comment s’étonner, par exemple, qu’un client demande une remise si on ne lui parle pas de tarif ? Pragmatique, la PNL met en lumière ces a priori et les attitudes qu’ils entraînent. Elle s’attache à changer les comportements.

Mais attention au dérapage. Car si la PNL peut avoir des vertus efficaces pour l’entreprise ou l’individu, elle peut aussi enfermer les gens et les cantonner dans leur vision. « On peut s’appuyer dessus, mais il faut toujours faire valider les résultats par l’expérience en y adjoignant le coaching », conclut Nadia Cathemon.

Fady Seddiki
Essor, le premier mensuel du management,
N°4 Novembre 2006

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